géographie du pays basque

Carte extraite de l'excellent ouvrage de Barbara LOYER "Géopolitique du Pays Basque"
© L'Harmattan, 1997 - ISBN : 2-7384-5089-X


C'est une devise de revendication unitaire qui peut se traduire par "SEPT EN UN"... comprenez "sept provinces" en un seul pays". L'unicité historique de ces sept provinces est toutefois battue en brèche par certains historiens et l'unicité géographique n'est pas souhaitée par tous les basques en particulier par les habitants de la Navarre espagnole qui ont refusé l'unité des 4 provinces espagnoles dès 1932 en le réaffirmant en 1982 lorsqu'ils se prononcèrent pour la constitution d'une Communauté Autonome Navarraise uniprovinciale, indépendante de la Communauté Autonome Basque.


Le Pays Basque est donc composé de 7 provinces - revendiquées par les Nationalistes Basques comme les "Territoires Historiques" - situées de part et d'autre de la frontière franco-espagnole.

Au total : environ 20550 km2 pour 2 900 000 habitants
L'EUSKARA est la langue co-officielle avec le castillan au Pays-Basque espagnol.
"L'Euskara batua" est la version unifiée des différentes déclinaisons de la langue basque :
c'est le basque officiellement parlé.

Les chiffres sur la pratique de l'euskara sont estimatifs basés sur des études socio-linguistiques de 1992

LE PAYS BASQUE : EUSKADI ou ESKUAL HERRIA

Pays Basque Nord
IPARRALDE

3 PROVINCES FRANÇAISES

Pays Basque Espagnol
HEGOALDE

4 PROVINCES ESPAGNOLES

LABOURD
"Lapurdi"

BASSE-
NAVARRE
"Nafarroa beherea"

SOULE
"Zuberoa"
GUIPUSCOA
"Gipuzkoa"
BISCAYE
"Bizkaia"
ALAVA
"Araba"
NAVARRE
"Nafarroa
(garaia)"

Capitale:
Bayonne

Suface
800 km2

Population
205 000

Bascophonie
26%

Capitale :
St Palais

Surface
1 300 km2

Population
17 000

Bascophonie
54%

Capitale :
Mauléon-Licharre

Surface
800 km2

Population
30 000

Bascophonie
64%

Capitale :
St-Sébastien

Surface
1 813 km2

Population
710 600

Capitale :
Bilbao

Surface
2 217 km2

Population
1 216 700

Capitale :
Vitoria

Surface
3 047 km2

Population
264 389

Capitale :
Pampelune

Surface
10 421 km2

Population
527 300


Bascophonie dans la
Communauté Autonome Basque
environ 47%

 

 

Situé entre entre les chaînes pyrénéennes et cantabriques, il apparaît comme un vaste ensellement où les massifs paléozoïques disparaissent (Cinco Villas à l'est, Asturies à l'ouest) pour céder la place à un ensemble plus plissé de roches sédimentaires d'âge secondaire, dont les sommets se situent en 1000 et 1500 m culminant avec le mont Aitzgarri à 1544 m. L'érosion intense du versant atlantique y a dégagé des formes structurales où dominent les escarpement de calcaire urgonien (plis-failles) et les cuestas. La côte rocheuse et fortement influencée par la structure, est indentée de nombreuses rias (Bilbao, Guernica, Pasajes) qui abritent une intense vie maritime.

Le climat océanique, doux et humide (plus de 1 mètre de pluie par an sur le versant nord), a favorisé la prairie, les cultures fourragères et l’élevage, où dominent les bovins. Malgré leur petite taille, les exploitations, souvent dispersées (caseríos), sont modernes. L’activité industrielle prime ici de très loin: la conjonction de ressources naturelles, d’une tradition manufacturière, de relations commerciales avec l’Europe du Nord-Ouest et d’un capitalisme entreprenant a fait du Pays basque un des foyers industriels de l’Espagne moderne: ses plus grandes sociétés ont une dimension nationale, voire internationale. Dominé par la métallurgie fondée sur l’extraction du fer et l’importation du charbon (anglais puis asturien), le Pays basque fournit à la fois des biens d’équipement et intermédiaires (aciers, papiers, ciments, chimie) produits par les industries lourdes des complexes portuaires du littoral, tandis que l’industrie de transformation est surtout le fait de petites villes manufacturières alignées en chapelet dans les vallées longitudinales ou transversales.

Sur le versant méridional, plus sec et plus froid, la province d’Álava, plus agricole (céréales et ovins) et moins industrielle, a une population moins dense et un seul grand centre urbain, Vitoria, sa capitale (200 000 hab. en 1990); celle-ci, située à un carrefour très fréquenté, est un pôle industriel important. Sur le versant cantabrique, la Biscaye concentre l’essentiel de ses activités dans le complexe de Bilbao, où dominent les industries de base (sidérurgie) et le couloir de l’Ibaizabal (Durango). Dans le Guipúzcoa, au contraire, le paysage industriel est celui des vallées montagnardes où se suivent les cités industrielles (métallurgie de transformation, textile et papeteries). Sur la côte, la ria de Pasajes et la baie de la Concha (San Sebastián) sont deux centres très actifs: la première grâce à la pêche et aux industries, la seconde grâce aux activités balnéaires qui animent la capitale de la province (175 500 hab. en 1990).

La partie française du Pays basque, beaucoup moins étendue que la partie espagnole (moins de la moitié occidentale du département des Pyrénées-Atlantiques), présente des traits géographiques différents, mais une communauté de langue, de coutumes et de nationalisme. Le relief est aussi varié et morcelé: petits massifs calcaires gréseux ou cristallins peu élevés mais difficilement franchissables (passage de Roncevaux) dans une structure complexe qui traduit l’abaissement progressif des Pyrénées vers l’ouest. Des formes traditionnelles d’agriculture et d’élevage persistent dans un cadre de moyenne montagne humide, dominée par l’arbre, l’herbe et la lande à fougères. Les efforts de modernisation (coopératives, maïs, lait de brebis) se sont heurtés à la petite taille des exploitations et aux difficultés de communication. L’intérieur se dépeuple, et les villes n’y sont que des bourgades industrielles (Mauléon) ou des lieux de passage (Saint-Jean-Pied-de-Port), tandis que la côte, animée par la pêche, le tourisme et l’industrie, s’est développée en une aire urbaine linéaire, dont fait partie l’agglomération Bayonne-Biarritz (160 000 hab. en 1990). Saint-Jean-de-Luz, important port de pêche, voit sa rentabilité assurée par la capture estivale de thon. La Côte d’Argent, rocheuse et battue par la houle, jouit d’une réputation balnéaire depuis le second Empire, et les constructions touristiques sont nombreuses (Biarritz, Guéthary). À l’embouchure de l’Adour, le port de Bayonne s’est développé grâce à l’exportation du soufre et du gaz de Lacq ainsi que du maïs béarnais.

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